Comment chier (how to shit)

En Slovénie il y a Nara Petrovič, fervent militant du pied nu et de la posture accroupie (entre autres, il s’intéresse aussi aux éco-villages et à une foultitude de choses). Il est l’auteur d’un excellent ouvrage intitulé Human: Instructions for Use, best-seller en Slovénie (publication anglaise à venir), qu’il aime résumer de cette manière : « comment la culture viole l’anatomie ».

Je traduis ici un article tiré de son blog sur la question des toilettes modernes et l’acte de la défécation. Dans un style différent du mien, il parle de la même chose que moi : la pollution engendrée par tout un attirail industriel inutile et dans le même temps néfaste pour la santé, la symbolique de ces choix modernes, la perte de compétences naturelles pour les actes les plus simples et les plus triviaux de la vie, et enfin le fait que nous n’accordons plus la moindre importance à nos actes quotidiens. Merci Nara !

J’ai besoin d’un nouveau mot ! La langue anglaise (ou française, ndt) n’a pas de mot neutre pour parler de la merde, mon principal champ de recherche. Tous les mots existants sont ou froidement cliniques, ou vulgaires et argotiques, ou enfantins : selles, matière fécale, déjection, excrément, merde, daube, crotte, caca, popo. Déféquer, aller à la selle, chier, caguer, aller au pot…

Merde !

On pose pourtant tous une merde tous les jours, ou du moins on aimerait bien, mais parler de merde reste de l’ordre de l’obscénité. C’est pour moi un signe évident de notre daubmatisme. J’ai longtemps attendu que quelqu’un dise merde à ce tabou et aborde la question de notre shitzophrénie, mais puisque personne ne le fait, c’est donc à moi que revient le job.

Nous sommes révulsés par la chiure qui sort de notre anus, alors que nous nous abreuvons quotidiennement de la merde dont nous aspergent les médias. Nous évitons le moindre contact avec nos excréments mais nous remplissons nos appartements de tout un tas de merdes. Nos esprits sont remplis d’une vaine, futile et insensée diarrhée mentale. Nous ne voulons rien savoir de notre propre déjection, on la lâche dans la cuvette, tirons la chasse pour la faire disparaître, et c’en est terminé.

Car nous n’en avons rien à chier !

Récemment, nous sommes devenus étrangers à l’acte élémentaire de la défécation, incapables que nous sommes de caguer comme des êtres humains normaux. Ainsi, le montant total des ressources gaspillées, aussi bien que des dépenses de santé liées à notre culture pervertie du trône, est gargantuesque. Je ne suis pas le premier à le dire : l’eau des toilettes est l’une des plus grandes aberrations de notre civilisation moderne. Mais je suis le premier à réunir tous les aspects ayant trait à la merde pour enfin créer une nouvelle science appelée fécologie ! Car il ne s’agit pas uniquement du devenir de nos matières fécales une fois excrétées, il s’agit aussi de comment nous chions : dans quelle posture, dans quel état émotionnel, dans quel contexte social. La fécologie fait remonter la merde à la surface de tous les champs scientifiques, culturels et artistiques : psychologie, sociologie, ethnologie, biologie, chimie, histoire, géographie, philosophie, religion, mode, économie.  Mais avant toute chose, la fécologie traite surtout du bien-être élémentaire et du bon sens le plus simple.

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Le shituel

Nous avons fait du simple acte de défécation un rituel semi-religieux, une série de procédures et protocoles croulants sous des couches d’abnégation. Voilà comment il est souvent pratiqué :

  • D’abord vous vous approchez de la porte des toilettes, avec précaution mais sans être trop silencieux non plus, car vous ne voudriez surtout pas faire sursauter quelqu’un en plein coulage de bronze. A distance, vous toussez, vous raclez la gorge ou fredonnez, en guise de signal d’alarme.
  • Une fois que vous êtes certains que les toilettes sont libres, vous y pénétrez, et verrouillez la porte. Il faut la verrouiller ! Vous ne voulez pour rien au monde que quelqu’un vous voit en train de déposer votre crotte. Le simple bruit de la poignée est déjà suffisamment dérangeant, vous retrouver nez-à-nez avec un autre humain en plein acte de défécation pourrait vous faire vous chier dessus ou au contraire provoquer une constipation d’une semaine entière !
  • Une fois le verrou en place, vous vérifiez l’état des choses : la propreté du siège, s’il y a quelque chose à lire, ou la quantité de papier toilette restant. Rien de plus traumatisant que de démouler un cake dans des toilettes publiques et découvrir juste après que le dernier rouleau est vide !
  • Si tous les items sont bien là, vous baissez alors votre pantalon et vous asseyez. Vous positionnez vos fesses avec grande précision, car vous ne voulez surtout pas que votre cul se retrouve éclaboussé lorsque le premier étron, généralement le plus gros, tombe dans l’eau de la cuvette.
  • Vous choisissez votre lecture et commencez à vous détendre, c’est important d’être détendu. Mais la relaxation ne vient pas spontanément ! Certaines chiottes sont plus propices que d’autres à la détente. Les meilleures sont celles solitaires et isolées. Vous savez qu’il n’y a personne à l’extérieur, que vous ne serez pas dérangé, que vous pouvez prendre tout le temps qu’il vous faudra, qu’il n’y a donc aucune raison de s’inquiéter.
  • Il convient de ne pas péter dans des toilettes publiques, à moins que vous n’appréciiez les regards de travers et les silences pesants devant les lavabos.

La procédure initiale étant réalisée vous pouvez enfin passer à l’acte : la défécation.

Vous commencez à excréter l’étron en dehors du rectum. Ca n’est pas toujours facile et il arrive qu’il faille faire un effort important et pousser fortement ! Vous devez alors contracter vos muscles abdominaux, ceux de la poitrine, de la gorge, les muscles faciaux également. Vous pouvez même sentir votre cuir chevelu se contracter.

Puis vous soupirez, la crotte est sortie ! Une fois la première dehors, vous répétez la procédure pour toutes les autres. Il est alors temps de vous essuyer le cul. Vous faites un petit tas de papier toilette et le positionnez avec précision dans la paume de votre main. Vous ne voudriez pas que votre peau entre en contact avec votre caca. Jamais !

Il y a des centaines de manières de s’essuyer le cul et vous savez votre caresse préférée, et combien de feuilles de papier vous souhaitez. Ceux qui vivent dans l’opulence enroulent le papier autour de leur main, essuient, jettent, et recommencent. Les écolos ne prennent qu’une feuille, essuient, plient, essuient, plient, et recommencent jusqu’à ce que le papier ne tienne plus sur un doigt.

Le deuxième stade du shituel accompli, vous pouvez passer au dernier : faire disparaître toutes les évidences. Vous vous levez, remontez le pantalon et observez la cuvette, pour être certain qu’il n’y a rien de suspicieux là au fond. Si vous y voyez quelque chose de bizarre, il faudra en parler au dîner : « tu sais mon chou, aujourd’hui ma merde était d’un vert-violet, elle avait la texture d’une glace et la forme de la Scandinavie. Ça flottait comme du liège, et il m’a fallu cinq minutes pour la faire partir. » (Pourquoi quelqu’un se sentirait incommodé par une telle conversation au dîner ?)

Vous tirez la chasse d’eau, apaisé par ce bruit évoquant l’accomplissement. C’est le moment parfait pour s’autoriser un petit pet final, une toux, un éternuement, un rot, ou simplement remonter la braguette. Ça n’est pas terminé ! Il y a des traces de merde partout sur la cuvette, vous prenez la brosse et faites disparaître la moindre souillure. Vous méprisez ceux qui laissent des traces de merde sur la cuvette. Particulièrement si vous êtes une femme. Particulièrement si vous êtes celle qui lave la merde des autres.

Puis vous relevez la lunette des wc si vous êtes une femme, ou la laissez posée si vous êtes un homme. La position de la lunette est fondamentale ! Vous ne voudriez pas avoir à faire le moindre effort supplémentaire la prochaine fois que vous courrez aux wc pour y faire pipi en toute urgence !

« Pourquoi laisses-tu toujours la lunette en bas ? » crie-t-elle
« Pourquoi laisses-tu toujours la lunette en haut ? » se plaint-il

Avant d’ouvrir la porte, il faut vous préparer. Vérifier vos chaussures, habits, cheveux, vous assurer que tout est en ordre. Puis afficher un visage prétentieux et vous diriger rapidement vers les lavabos. Vous évitez le moindre contact visuel, la moindre conversation. Discuter avec un inconnu après avoir démoulé un cake serait tellement embarrassant !

Vous vous lavez les mains. Du mieux possible. Ne serait-ce que parce que vous avez touché la poignée de la porte, potentiellement effleurée auparavant par un autre visiteur, grossier personnage, sale, négligent et stupide, ne s’embarrassant pas comme vous de la paranoïa des toilettes. Puis, il se peut qu’une dernière expérience traumatisante vous attende : le savon ou le papier pour s’essuyer les mains est épuisé !

Vous sortez enfin des toilettes, ça y est, enfin, c’en est définitivement terminé du stress et de l’angoisse ! Ou peut-être pas. Peut-être que deux heures plus tard, votre nouvelle copine vous chuchotera : « hey, ta braguette… ». Elle n’a même pas besoin de terminer sa phrase, vous avez tout de suite compris ! Grand Dieu, combien de personnes vous ont vu la braguette ouverte ? Vous irez au lit en cogitant sur la question. C’est la première chose à laquelle vous penserez en vous levant. Vous vérifierez votre braguette toutes les cinq minutes, le moindre sourire de vos collègues ou amis vous rendra parano.

C’est incroyable, combien notre honte est disproportionnée lorsqu’il s’agit de notre anus ou de nos organes génitaux. Essayez d’orienter la conversation vers l’inflammation du prépuce de votre ami, la taille des lèvres de votre femme, les poils pubiens sous votre lit, ou, bien évidemment, la couleur et la consistance de votre dernier étron. Essayez, vous verrez qu’il est impossible de le faire sans, soit tourner autour du pot, soit en parler avec des termes complexes et médicaux, soit comme si vous expliquiez quelque chose à un enfant. Nous n’avons pas de problème à parler sérieusement des bombes qui tombent ou des cadavres d’enfants sur le pavé, mais nous sommes dégoutés lorsque quelqu’un parle de la merde qui tombe dans les chiottes ou de la diarrhée liquide éparpillée sur le pavé.

Secret, dogmatisme et tabous donnent à la défécation une connotation religieuse. Comme une confession solitaire. Personne ne vous regarde dans les toilettes, mais vous vous sentez tout aussi inconfortable, et en ressortez avec cette même impression de vous être libéré, soulagé, de quelque chose d’inconvenant, d’indigne. Vous avez besoin d’un lieu unique et sacré pour le faire. Cette pièce doit être équipée de tout un attirail complexe. Vous obéissez à tout un rituel particulier et codifié. Vous vous sentez plus léger lorsque vous quittez le lieu. Vous n’en parlez jamais après coup, ce qui se passe dans le cacafessoir restera dans le cacafessoir.

Maintenant que nous avons compris que la merde est culpabilité et que la défécation est confession, intéressons-nous à ces toilettes modernes si compliquées, sans lesquelles nous ne pourrions, à priori, pas déféquer.

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Fecophernalia

Voici une courte liste de toutes les industries nécessaires au chier civilisé :

  • Industrie du bâtiment, qui impose ses standards de la salle de bain « classique »
  • Industrie de la céramique pour le trône, les carreaux et l’évier.
  • Industries du métal, plastique et bois, pour les tuyaux, canalisations, cuves, boîtes, cintres, portes, loquets, étagères, tiroirs, et tout le packaging qui va avec.
  • Industrie du papier, pour encore plus de packaging, et pour, bien évidemment, le papier toilette (et ce tube en carton au milieu)
  • Industrie du verre pour les fenêtres, miroirs, lampes, ampoules
  • Industrie chimique pour les produits nettoyants, désinfectants et désodorisants
  • Industrie textile pour les serviettes, rideaux et tapis
  • Plomberie et industrie de l’eau, pour que vous puissiez vidanger n’importe quelle saleté vidangeable que vous produisez
  • Industrie électrique pour que vous n’ayez pas à chier dans le noir et vous sentir encore plus inconfortable que vous ne l’êtes déjà.

Et ce ne sont là que les rudiments !

Si vous êtes un progressiste, vous aurez envie d’installer des toilettes hypermodernes qui lavent et essuient automatiquement votre derrière. Vous pourrez choisir la température de l’eau avec un simple bouton, faire analyser votre urine et selles pour recevoir un bulletin de suggestions quant à votre alimentation. Des haut-parleurs intégrés vous proposeront une musique adaptée au moment et à votre envie.

Rarement les gens remettent en question l’idée de déféquer dans une cuvette en céramique remplie d’eau potable, ou l’idée de s’essuyer les fesses avec un bout de papier moelleux, coloré et parfumé, ou encore l’idée de faire disparaitre sa merde avec encore plus d’eau potable. Et même s’ils le font, ils ne savent pas vraiment comment ils pourraient y changer quoi que ce soit. Le système est en place, il n’y aurait donc rien à y faire. Réellement ? S’il y a quelque chose que je sais, c’est que la plupart a  besoin d’une motivation externe pour se bouger, et l’argent reste un moteur universel.

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Féconomie

Chier n’est en rien bon marché !

Les dépenses totales pour ce que vous êtes conditionnés à posséder pour chier sont gigantesques. Faites la somme de tous les coûts et divisez là par le nombre de personne vivant dans le même foyer, sur une période de disons 20 ans, et vous verrez que, même en chiant modestement, chaque défécation vous coûte au moins 50 centimes !

Mais ça n’est pas tout ! Une étude de 2010 estimait la valeur marchande des urines et fèces humaines, lorsque utilisées comme fertilisants, à 10$ par personne et par an. Ces fertilisants, appliqués à une production de maïs, permettraient des gains d’une valeur de 50$. Quelle est la population de votre pays ? Combien de millions de dollars jetez-vous par les fenêtres tous les ans ?

L’un des aspects les plus choquants des toilettes modernes est la quantité d’eau potable gaspillée. Vous pourriez presque remplir une baignoire par jour avec l’eau de votre chasse d’eau. Dans une ville d’un million de personnes, ce sont trente piscines olympiques qui partent à la chasse tous les jours.

Ajoutons à cela les coûts médicaux qui résultent, directement ou indirectement, d’un mode de défécation contre-nature. Il est difficile d’estimer précisément ces coûts, mais s’asseoir sur un trône au lieu de s’accroupir pour déféquer peut avoir des conséquences néfastes très variées : mauvaise digestion, constipation, cancer du côlon, hémorroïdes, pression artérielle défaillante, problèmes de prostate, complications à l’accouchement, appendicite, déformation des muscles pelviens et abdominaux, diverticulose, incontinence, manque de flexibilité, et la liste est sans fin. D’après mes propres estimations, on gaspille approximativement 600$ par personne et par an simplement parce que nous chions et pissons de la manière la plus acceptée socialement.

On s’est laissé persuader qu’il était nécessaire d’acheter ces choses qui au final nous font gaspiller notre temps et notre argent, gaspillent nos fèces et notre urine, gaspillent de l’eau, gaspillent du papier et donc des arbres, empoisonnent l’environnement, nuisent aux communautés, et détruisent notre santé.

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Maintenant, chions correctement !

Commençons par l’aspect corporel. Je vais être le plus direct possible : quand vous vous asseyez pour déféquer, vous ne respectez pas votre corps, vous l’abîmez ! Vous devez donc vous accroupir.

Voilà ce qui se passe lorsque vous vous accroupissez :

  • le rectum se déplie
  • le muscle qui retient la merde se détend
  • le muscle au bout du petit intestin se ferme
  • vos cuisses offrent un support à votre estomac (pas besoin de pousser !)

Quand vous vous asseyez :

  • le rectum reste plié
  • le muscle qui retient la merde crée une obstruction
  • le muscle au bout du petit intestin reste ouvert
  • l’estomac est lâche

C’est pourquoi  vous devez faire tant d’efforts pour pousser l’étron vers l’extérieur. Vous savez, ce « gnnnnnnn !! » vocal qui vient en poussant le caca depuis le rectum ? Si vous chiez en position accroupie, cette tension n’a pas lieu d’être, nul besoin de grogner, retenir sa respiration ou pousser de toutes ses forces.

« A la télé, la pub nous dit que 8 personnes sur 10 souffrent d’hémorroïdes. Est-ce que ça signifie que les 2 restantes savent les apprécier ? » Auteur inconnu

Un paysan croate résumait la fécologie en quelques mots : « vous savez quel est votre problème, vous peuple civilisé ? Vous chiez uniquement avec votre cul, il faut chier avec tout le corps ! » Une grande partie de la population mondiale n’a pas besoin de lire cet article, elle défèque encore naturellement, s’accroupissant, et cagant donc avec le corps entier.

Puis il y a ces quelques trous-du-cul, occidentaux surculturés, aussi flexibles que des cochons vietnamiens. Certains n’arrivent presque plus à passer la porte, se retourner et poser leur énorme derrière sur la lunette des WC. En les regardant, vous ne pouvez pas vous empêcher de penser « Mais comment font-ils pour s’essuyer ? Arrivent-ils seulement à l’atteindre ? A le trouver ? » Cet article n’est certainement pas pour eux ! Il est pour toutes les personnes relativement saines, suffisamment flexibles pour s’accroupir et rester quelques minutes dans la posture confortablement. Il est également et surtout pour tous ceux qui sont prêts à développer cette flexibilité, pour un jour être capable de s’accroupir confortablement, de manière détendue.

Mais, la posture corporelle est-elle réellement si importante ? Oui, la recherche montre que les maladies du colon sont pratiquement inexistantes dans les régions où les gens s’accroupissent sur les toilettes, alors même que l’alimentation varie grandement entre ces régions. Cela montre à quel point la posture corporelle au moment de la défécation est fondamentale.

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Fécologie appliquée

  1. Apprendre à s’accroupir et respirer correctement

Faites l’exercice suivant : accroupissez-vous, la plante de vos pieds à plat sur le sol, vos genoux proche de vos aisselles. Si vous sentez la gravité vous faire tomber vers l’arrière, adossez-vous contre un mur, ou alors tenez-vous sur un sol plus ou moins incliné. Inspirez profondément avec le diaphragme (abdomen) et sans aucune tension dans aucun muscle (à part la gorge). Retenez votre souffle aussi longtemps que possible. Soyez attentifs à votre intestin. Il arrive qu’une seule respiration soit suffisante pour relâcher les selles.

Alors, expirez autant d’air que possible et rentrez votre estomac. N’inspirez pas ! Retenez la respiration, les poumons à vide, aussi longtemps que cela vous est confortable.

Puis, répétez les inspires / retenues / expires / retenues

Un autre exercice respiratoire pour une meilleure évacuation est de respirer profondément avec l’abdomen, mais sans retenir le souffle, aussi lentement que possible. L’expire prolongée se termine en pressant les lèvres l’une contre l’autre, les joues détendues et gonflées, l’air s’échappant doucement entre les lèvres. Pour terminer, vous rentrez votre estomac et expirez l’air restant.

Essayez ces deux variantes et choisissez celui qui vous convient le mieux.

J’ai remarqué quelque chose après plusieurs années de pratique : un caca dur est souvent relâché pendant l’inspire, ou au tout début de l’expire, alors qu’un caca mou sera plutôt relâché au moment de la fin de l’expire. Observez comment la respiration et l’évacuation sont étroitement connectés.

Si vous faites ces exercices en position accroupie, mais en dehors des toilettes, assurez-vous que les toilettes sont libres, puisqu’il y a de grandes chances qu’après cinq ou dix respirations vous ayez très envie d’y aller. Efforcez-vous à pratiquer cet exercice à chaque fois que vous allez déféquer. Le caca viendra de lui-même, sous la simple impulsion de votre respiration, sans le moindre effort abdominal ou pelvien. Le résultat sera le même que lorsque vous pressez le tube de dentifrice correctement : vous retirez le bouchon d’un côté, et pressez le tube à l’autre extrémité. La pression est doucement transférée vers l’ouverture, et le dentifrice s’évacue en douceur.

Une évacuation assise correspond à un bouchon partiellement dévissé, et à un tube serré violemment, avec mauvaise distribution de la pression. Le dentifrice s’écoule difficilement sous le bouchon, pendant que la pression déforme le tube. Des fissures se forment, et le dentifrice commence à fuir.

  1. Apprendre à s’accroupir sur des toilettes modernes

Une fois que vous maîtrisez l’accroupi au sol, vous pouvez désormais essayer de vous accroupir sur des toilettes. Comme le trône s’est désormais imposé à peu près partout, c’est la solution la plus universelle.

D’abord, appuyez fermement sur les toilettes avec vos deux mains, pour simplement vous assurer que le trône est solidement fixé au sol ou au mur. Sans quoi, il pourrait se briser ou se renverser. Considérez également la résistance de la lunette, et décidez si vous pouvez monter dessus ou s’il convient de la relever.

A partir de là, il va vous falloir un peu de pratique et développer certaines compétences. Pour apprendre à monter sur le trône, vous allez pouvoir vous aider en prenant appui avec la main posée sur l’évier, la machine à laver, la baignoire. Apportez une chaise si nécessaire.

Voilà le meilleur mouvement pour monter sur les toilettes tout en répartissant au mieux le poids sur la cuvette : asseyez-vous sur le trône, posez votre main droite juste sous vos hanches. Levez légèrement vos fesses tout en gardant votre main posée sur le bord de la cuvette. Levez votre pied gauche, et posez le délicatement à l’avant du trône, côté gauche. Transférez le poids de votre corps sur ces deux nouveaux appuis. Amenez maintenant le pied droit sur la cuvette, transférez le poids de votre corps sur vos deux pieds.

Oh, et avant tout ça, n’oubliez pas de baisser votre pantalon ! (ndt : encore plus simple en retirant le pantalon et la culotte)

  1. Acheter ou fabriquer l’équipement qui facilitera l’accroupi sur les toilettes

Si vous n’êtes pas encore capable de vous accroupir sur les toilettes, vous pouvez les équiper de quelques outils. Vous pouvez trouver sur internet de nombreuses inventions rendant l’accroupi sur le trône plus confortable : marchepied équipé de poignées, support semi-circulaire embrassant les toilettes et élargissant la surface d’appui, etc…

Dans le cas d’affection sérieuse ou blessures vous empêchant de vous accroupir, n’hésitez pas à en parler avec votre médecin ou kiné. Vous trouverez peut-être une manière de contourner le problème.

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Expériences personnelles

Je m’accroupis sur les toilettes depuis 1992. Je ne m’assois dessus que si le trône me parait trop fragile pour l’accroupi. Je vais aux toilettes tous les jours, je vide l’intestin entièrement, je fais ça rapidement. Je n’ai pas été constipé durant toutes ces années.

En adoptant cette habitude, j’ai fait un investissement quant à ma santé qui paraissait tout petit, mais 20 ans plus tard, je vois combien les bénéfices sont grands et tangibles. Quand les gens me demandent si je suis sûr de ce que je raconte, je réponds «  on en reparle dans 20 ans, à ce moment-là j’en serai vraiment certain ! »

Pour une bonne santé des intestins, et donc pour une bonne santé de tout le corps, il est bénéfique, en plus d’une défécation accroupie, d’adopter une alimentation appropriée (suffisamment de fibres, moins d’aliments raffinés, etc…), des jeunes occasionnels, une bonne eau potable, un bon air, réduire les mauvaises habitudes (fumer, boire, grignoter, etc…), pratiquer un exercice physique régulier, se reposer… Chaque petit geste participe à l’amélioration ou à la détérioration du corps et du bien-être.

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Quelques habitudes utiles.

Je vais aborder quelques idées en lien direct  avec la défécation. Il se peut que vous les trouviez radicales, mais n’oubliez pas que le seul vrai problème est notre conditionnement culturel et tous les préjugés avec lesquels on a pu nous bourrer le crâne. Ainsi que notre fainéantise.

Après la défécation, il vaut mieux se laver l’anus avec de l’eau froide (ou tiède) que de s’essuyer avec du papier. En plus des bénéfices en termes de santé, il y a également des avantages hygiéniques et écologiques à cela. Dans un pré ou dans les bois, vous pouvez vous essuyer avec quelques herbes sèches, des feuilles fraîches ou sèches, de la mousse, de l’écorce, etc…

Les hommes devraient essayer d’uriner en position accroupie le plus souvent possible (ou tout du moins en étant assis). De plus, les femmes de ménage apprécieront, puisqu’elles n’auront plus à nettoyer les gouttes d’urine autour du trône.

Après un conséquent repas, c’est une bonne chose de s’allonger 10 ou 15 minutes sur votre côté gauche, ou de faire une petite promenade. Il est bon de se remuer le corps plusieurs fois par semaine, danser, jouer à des jeux, faire du sport où l’on saute. Si vous marchez régulièrement, ajoutez à vos promenades quelques foulées de course ou quelques sauts.

Je vis à côté d’une forêt, et mes toilettes sont très simples, mais fonctionnelles. Je m’accroupi sur deux planches au-dessus d’un sceau. Je couvre le sceau avec un couvercle. Je collecte uniquement mes selles dans le sceau, l’urine s’écoule dans un fut, où je la dilue pour en faire un fertilisant pour les plantes du jardin. Quand le sceau est plein, je le vide dans le tas de compost. Je m’assure que le processus de compostage aille jusqu’à son terme en le laissant se reposer une année entière, mélangé à d’autres déchets organiques. J’utilise l’humus final comme fertilisant.

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Comment survivre dans la nature, sans papier toilette

Ne pas utiliser de papier toilette ne signifie pas renoncer. De fait, n’utiliser exclusivement que du papier toilette appauvrit l’esprit humain et atténue la créativité. Pour vivre une vie abondante, vous n’avez pas besoin de toilettes dorées et de papier soyeux. Tout ce dont vous avez besoin est d’un esprit d’aventure, un peu de courage et de disponibilité à embrasser la diversité. Voici quelques-uns de mes favoris : (vieilles fringues, feuilles et barbe de maïs, poignée d’herbe, buissons, etc…)

Je sais que les gens ne changent pas si facilement. Le papier toilette restera la seule option pour la majorité des Occidentaux dans une civilisation sans la moindre imagination élémentaire, dans une civilisation qui utilise la vie pour essuyer ses excréments, et qui en tirant la chasse envoie ce mélange dans les veines de Mère Nature.

Le papier toilette est le symbole d’une civilisation qui a troqué la joie réelle contre le confort apparent, l’authenticité véritable contre la répétition conventionnelle, la simplicité faunesque contre la débauche dionysiaque. Tout comme lorsque nous déféquons, nous ne donnons plus aucune importance à aucun de nos actes. Mais si vous prenez le temps de contempler et considérer cette simple action, si vous devenez pleinement conscients de ce que vous faîtes, vous en ressentirez les effets dans toutes les sphères de votre vie, que ce soit la santé, l’écologie, la créativité ou encore les relations sociales. Et plus important : ça deviendra marrant !

Il me semble qu’on devrait d’abord apprendre aux enfants à apprécier les choses, à jouir de la vie, et seulement après, à écrire, compter et travailler. Sans cette capacité à jouir et apprécier la vie, il devient difficile de comprendre la différence entre abondance et pauvreté, et il devient difficile de savoir ce qui est bon et ce qui est mauvais. Pire que tout, si vous ne savez pas apprécier, vous n’essayerez pas de faire le moindre effort.

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